Territoire

Le territoire où nous intervenons

Coup d’œil sur le territoire de Chomedey

Le CCVM concentre son action dans le quartier Chomedey, de loin le quartier le plus populeux de Laval, regroupant le quart de la population lavalloise (25 %, soit 101 000 personnes)

Laval est aujourd’hui la troisième ville en importance au Québec et se développe rapidement. La population aurait atteint 401 553 personnes en 2011, parmi ceux qui s’établissent à Laval, près de deux personnes sur trois proviennent de Montréal. La ville attire également l’immigration internationale et interrégionale, et connaît en outre une hausse de la natalité.

La pauvreté est présente un peu partout à Laval. Elle touche 50 340 personnes, soit une personne sur huit, mais elle se concentre principalement dans les quartiers centraux au sud de Laval. Le quartier de Chomedey se distingue à plusieurs égards : il comprend à lui seul le quart de la population lavalloise et combine les plus forts taux de défavorisation. Le quart des jeunes (16 000 personnes) et des familles avec enfants de Laval (17 000) habitent le quartier Chomedey. Les 0 à 5 ans sont particulièrement touchés par la pauvreté : 23 % dans Chomedey contre 15 % pour l’ensemble de Laval. À Chomedey, on retrouve une proportion importante de familles à faibles revenus, de familles monoparentales (très majoritairement avec des mères chefs de famille) et d’enfants de moins de 6 ans vivant en situation de pauvreté. Cette réalité est particulièrement préoccupante, puisqu’elle touche près d’un enfant sur quatre. Cinq familles monoparentales sur dix à Laval où
7 800 familles résident dans les quartiers centraux. Les familles monoparentales représentent 50 % des familles lavalloises avec enfants qui sont à faibles revenus.

Immigration

La croissance de la population immigrante est l’un des phénomènes démographiques les plus remarquables à Chomedey. Cette diversité ethnoculturelle croissante transforme, à vitesse variable, la composition du quartier où nous intervenons.

Les personnes immigrantes sont parrainées par des membres de leur famille. Les personnes immigrantes sont établies en grand nombre dans le secteur du BML de Chomedey et elles représentent plus du tiers (38,1 %) de la population.

Les personnes immigrantes sont socio-économiquement plus vulnérables que les non-immigrants

Toutefois, d’autres facteurs les rendent plus vulnérables[1] que les personnes nées au Canada :

Si elles sont issues de l’immigration récente, elles affichent le plus haut taux de chômage, bien que près de la moitié d’entre elles aient un diplôme universitaire ; Elles sont plus souvent à faible revenu, particulièrement si elles ont immigré au pays récemment ; Elles bénéficient en moyenne de revenus beaucoup plus faibles, les revenus moyens selon le statut d’immigration démontrant des écarts importants. En effet, les immigrants gagnent en moyenne 84 % du revenu des non-immigrants ; Si elles sont des femmes, elles gagnent en moyenne 75 % du revenu des hommes immigrants.

[1] Planification CDLC 2018-2023.

Fiches portrait de   quartier.

[1] Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

[1] Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

[1] Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Des écarts socioéconomiques entre les quartiers

Le secteur du BML 3 de Chomedey est dans les quartiers les plus défavorisés à Laval

Bien que la pauvreté soit présente un peu partout à Laval, elle se concentre principalement dans les quartiers du centre-sud du territoire, c’est-à-dire dans les secteurs des BML 2 et 3, où environ une personne sur cinq vit dans un ménage à faible revenu. La majorité (57,9 %) des Lavalloises et des Lavallois à faible revenu habite dans ces deux secteurs.[1]

Bureau municipal lavallois Personnes vivant seules 

15 ans et plus

Personnes

 sans diplôme

25 à 64 ans

Familles monoparentales Personnes

sous la mesure de faible revenu

Ménages vivant dans un logement non abordable
Chomedey (BML 3) 15,9 % 17,3 % 27,8 % 19,9 % 28,8 %
Ensemble de Laval 12,3 % 12,9 % 25,9 % 12,8 % 23,4 %

 

« La majorité (57,9 %) des Lavalloises et des Lavallois à faible revenu habite dans ces deux secteurs (BML 2 et 3). »

Des écarts socioéconomiques entre les quartiers

Le secteur du BML 3 de Chomedey est dans les quartiers les plus défavorisés à Laval (suite)

À Laval, environ 6 % des ménages vivent dans un logement de taille insuffisante. Le secteur de Chomedey (BML 3) se démarque par une forte proportion (8,3 %) de ménages habitant un espace restreint. Enfin, près du quart (23,4 %) des ménages lavallois vivent dans un logement non abordable. À noter que peu de logements sociaux et subventionnés sont disponibles sur le territoire, soit 7,8 % en 2011. La proportion est de 9,4 % pour l’ensemble de la province.[1]

L’insécurité alimentaire

Des revenus insuffisants et un problème d’accessibilité

En 2016, on estime à près de 25 000 le nombre de personnes de 12 ans et plus vivant dans un ménage en situation d’insécurité alimentaire à Laval. Les populations lavalloises les plus touchées sont les jeunes adultes, les familles avec enfants et les familles immigrantes. En effet, les sources d’approvisionnement s’éloignent parfois des quartiers résidentiels, ce qui les rend moins accessibles. Certaines personnes se voient dans l’obligation de faire leur épicerie dans les dépanneurs, où l’offre alimentaire est souvent restreinte, de moindre qualité et plus dispendieuse (Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval, 2015).

La criminalité et le sentiment de sécurité

En 2015, la majorité (62 %) des infractions criminelles enregistrées par les forces policières ont eu lieu dans les secteurs des Postes de quartier 2 et 3 (Chomedey).

Les ressources de soutien

En 2011, une étude menée conjointement par l’Agence de la santé et des services sociaux et la Corporation de développement communautaire (CDC) de Laval a permis d’évaluer la contribution des organismes communautaires à la communauté lavalloise. Cette étude révèle que les organismes communautaires sont bien intégrés à leur communauté et qu’ils sont appréciés, notamment pour leur accessibilité, leur accueil chaleureux et aidant, et leur approche sans jugement. Ces organismes sont aussi appréciés pour leur accompagnement des personnes dans leurs démarches d’accès aux services publics. Enfin, ils représentent des milieux de vie qui favorisent l’entraide et l’inclusion, tant des adultes qui vivent des problèmes liés à la pauvreté que des personnes, jeunes et adultes, qui ont peine à s’intégrer à la société. L’approche que ces organismes préconisent valorise la participation et l’autonomisation (empowerment), qui est, sans doute, ce qui caractérise le mieux leur contribution originale. Enfin, leur souplesse et leur créativité organisationnelles sont soulignées par ceux qui les fréquentent. L’action communautaire est une action collective fondée sur des valeurs de solidarité, de démocratie, d’équité et d’autonomie. Elle s’inscrit essentiellement dans une finalité de développement social et s’incarne dans des organismes qui visent l’amélioration du tissu social et des conditions de vie des personnes et de leur communauté.

Coup d’œil sur le territoire visé par la revitalisation urbaine intégrée (RUI) de Chomedey

Le territoire dans lequel est enraciné le CCVM fait l’objet d’une revitalisation urbaine intégrée depuis plus de cinq ans. Ce territoire se caractérise, sur le plan de sa population, par une défavorisation réelle. Le territoire visé par la RUI de Chomedey est considéré comme le troisième quartier le plus défavorisé du Québec. Dans ce quartier, de nombreux ménages font face
à des conditions de vie difficiles. On y retrouve une proportion élevée de locataires, comparativement à la moyenne lavalloise. Le taux de ménages consacrant 30 % ou plus de leurs revenus au loyer dépasse la moyenne lavalloise. Cette réalité fragilise la situation des ménages à faible revenu qui devront, pour se loger, restreindre la part du budget consacrée, par exemple, à l’alimentation. Sur le territoire de la RUI de Chomedey, la situation est encore plus problématique puisque plus de la moitié des 534 logements des immeubles Val-Martin sont vides en raison de problèmes d’insalubrité.

On y retrouve un nombre important de personnes vivant sous le seuil de faible revenu, de 22 à 50 % des familles, 38 à 50 % des jeunes de moins de 18 ans. 48 % des familles avec enfants sont monoparentales, 8 de ces familles sur 10 sont dirigées par des femmes. Les immigrants forment 35 % de sa population. Ils proviennent majoritairement de l’Afrique du Nord, l’Asie et du Moyen-Orient. Le quart d’entre eux sont arrivés entre 2001 et 2006 et 555 résidents du territoire n’ont pas été reçus citoyens canadiens.

La sous-scolarisation est manifeste alors que 37 % des résidents âgés de 15 ans et plus n’ont aucun diplôme d’études secondaires. On y retrouve l’école primaire avec l’indice de défavorisation le plus élevé de Laval, avec des élèves rencontrant d’importantes difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, des élèves présentant des risques importants de malnutrition et d’insécurité alimentaire. Neuf (9) enfants sur dix (10) qui fréquentent l’école, vivent dans une famille sous le seuil de faible revenu.

Le territoire est également un lieu important de circulation de centaines d’adolescents entre leur lieu de résidence, leur établissement scolaire (à l’extérieur du territoire) et les lieux de loisirs. Il est doté d’un milieu communautaire actif et dynamique et d’activités de concertation visant l’amélioration de la qualité et des conditions de vie des citoyens.

Sources :

Centraide du grand Montréal/Laval/2014
Gouvernement du Québec 2013
Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec
Portrait du territoire de la RUI 2009